L'Université de Montréal et la pomme

Jeudi, l'Université de Montréal annonçait son adhésion à la plateforme iTunes U. Cette plateforme consiste en un système de diffusion de contenu audio-visuel par baladodiffusion. Ainsi l'institution montréalaise est toute fière d'annoncer que «le savoir s'apprête à être propulsé hors des frontières de la salle de classe». Le contenu ainsi publié sera constitué, entre autres, de cours, de conférences (telles que celle de Ségolène Royal récemment), de spectacles de musique, d'émissions de radio étudiante, etc.

Son nom est on ne peut plus clair, iTunes U, c'est Apple, la célèbre compagnie derrière le iPod et l'ordinateur Macintosh. En utilisant ce produit, l'Université de Montréal se rend dépendante d'une entreprise privée pour diffuser son matériel, alors qu'elle aurait pu utiliser ses propres ressources techniques. Après tout, rendre disponible des documents audio-visuels au téléchargement, ce n'est pas sorcier, et surtout pas pour une entreprise publique de cette taille.

Mais là où le bat blesse, c'est que le principe d'iTunes U est d'imposer l'utilisation du logiciel iTunes pour accéder à tout ce contenu. Toute personne ne désirant pas faire l'usage de ce logiciel n'aura pas droit au matériel diffusé, ni toute personne utilisant un système d'exploitation pour lequel Apple ne publie aucun logiciel (par exemple, Linux). Ainsi, en se rendant dépendante de l'entreprise Apple, l'Université de Montréal entraine toute sa communauté universitaire avec elle. C'est ça qui intéresse Apple, c'est ça qu'une institution d'enseignement doit à tout prix éviter pour être hors du contrôle des entreprises privées.

Oui, mais l'UdeM souhaite-t-elle réellement rester indépendante des entreprises privées ? Si ça rapporte des pépettes à l'université, je doute fortement qu'elle refuserait une telle offre.

En quoi consiste exactement la plateforme iTunes U ? Parce que si cela permet de diffuser de manière mondiale des contenus de cours, l'UdeM peut voir en la marque un excellent moyen de se faire connaître et de se faire diffuser même hors du campus universitaire. Pour Apple, c'est avantageux parce que les élèves doivent utiliser iTunes, et ont donc accès aussi à sa médiathèque ; ils n'iront pas voir chez le concurrent. C'est du donnant donnant.

Cela dit, je ne cautionne pas cela non plus.

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