LynxDaemon me rapportait aujourd'hui que presque tout son entourage en Outaouais ignorait la définition du mot «gaminet». L'interrogation venait d'une discussion dans un cours à savoir si un certain magasin pouvait utiliser autre chose que l'expression «t-shirt» sur sa boutique en ligne. Je croyais personnellement depuis longtemps que le terme «gaminet» était l'appelation à utiliser, au point où je m'apprêtais à ne plus utiliser le terme anglophone. Une petite recherche m'a toutefois réservé une surprise.
Tout d'abord, d'où vient ce mot? Il est la création de Jacques Cellard, journaliste et grammairien français, décédé en novembre 2004. En 1974, il traduisait par «gaminet» le tee-shirt des gamins et par «gaminette» le tee-shirt des gamines. «Gaminet», qui n'est toujours pas très utilisé en France, se retrouve de plus en plus dans les écrits au Québec. «Gaminette», quand à lui, on n'en entend pas parler. On ne se demande pas pourquoi...
Comble du hasard, lors de l'émission C'est bien meilleur le matin hier, René Homier-Roy, animateur, et Guy Bertrand, conseiller linguistique, firent une référence à un refus du mot «gaminet» par l'Office québécois de la langue française (OQLF). Le site web de Radio-Canada en parle également dans sa section Le Français au micro, avec plus de détails, toujours en présentant «gaminet» comme un terme fautif.
De son côté, Paul Roux, conseiller linguistique au journal La Presse, affirme que l'OQLF est à l'origine de ce mot (ce que l'OQLF dément) et dénonce ce qu'il considère comme un néologisme artificiel et insignifiant. Il ne croit pas nécessaire de traduire tous les mots du dictionnaire anglophone.
Si on regarde du côté du Grand dictionnaire terminologique de l'OQLF, on remarque en premier lieu que la recherche du mot «gaminet» nous présente comme résultat la page «tee-shirt», dans laquelle «gaminet» figure comme synonyme. Il n'y aucune mention du mot «gaminette». On peut aussi y lire que l'OQLF n'est pas à l'origine du mot ainsi que son origine réelle (que je vous ai déjà décrite plus tôt). L'OQLF ne rejette toutefois pas l'utulisation du mot «gaminet», et ne favorise ni le terme francophone ni le terme anglophone. Le seul signe de préférence entre les deux termes est le fait que la page s'intitule «tee-shirt».
On peut donc en conclure qu'il n'y a aucun problème à utiliser le mot «tee-shirt» dans nos communications, selon les règles de la langue française. Toutefois, bien que «gaminet» ne soit pas, à mon avis, la plus belle traduction (considérant son lien avec le gamin, alors que le tee-shirt est lié à tous les âges), je crois qu'il faudra bien trouver un équivalent. Car, et c'est là où je ne rejoints pas du tout Paul Roux, il n'y a aucun abus dans la volonté de se doter d'expressions francophones pour désigner les objets du quotidien. Il ne s'agit pas de réécrire l'histoire, comme il le dit, mais seulement de respecter notre langue et notre culture en la maintenant à égalité avec les autres.






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